Table des matières
On entend beaucoup de choses sur la pratique de l’homéopathie, surtout sur cette fameuse interdiction de la menthe. Alors, faut-il vraiment la bannir quand on suit un traitement ? On va être direct avec vous : non, ce n’est pas une interdiction formelle, mais il y a des règles précises à respecter. On vous explique tout de suite pourquoi, et on en profite pour faire le point sur les bonnes pratiques pour que votre traitement homéopathique fonctionne vraiment.
Homéopathie : les 5 règles d’or à retenir 📋
- Menthe et homéopathie : pas d’interdiction, mais il faut espacer la prise d’au moins 30 minutes avant et 15 minutes après.
- Toucher les granules : c’est possible sans risque aujourd’hui, mais on le déconseille pour des raisons d’hygiène.
- Moment de la prise : toujours à distance des repas, sur une bouche propre, sans nourriture ni boisson.
- Dilutions basses (4-5 CH) : pour les symptômes locaux et physiques (un bleu, une piqûre).
- Dilutions hautes (15-30 CH) : pour les problèmes chroniques, anciens ou psychologiques.
Mythe n°1 : « Il faut absolument bannir la menthe et le café »
C’est l’idée reçue la plus tenace en homéopathie. On vous rassure tout de suite : non, vous n’êtes pas obligé de jeter votre dentifrice à la menthe ou d’arrêter le café du matin. La vraie règle est une question de timing, pas d’interdiction. On vous explique.
Le principe des médicaments homéopathiques, c’est une absorption dite « perlinguale ». En clair, les granules fondent sous la langue et les principes actifs passent directement dans le sang via les petits vaisseaux de la muqueuse buccale. C’est une voie très efficace et rapide.
Le problème avec la menthe, mais aussi avec le café, le thé ou le tabac, c’est leur effet « vasoconstricteur ». Ce mot un peu technique veut juste dire que ces substances resserrent momentanément les vaisseaux sanguins. Si vous prenez de la menthe juste avant ou après vos granules, les vaisseaux sous votre langue seront resserrés, et l’absorption du médicament sera donc moins bonne. L’efficacité du traitement risque d’être diminuée.
Pour éviter ce problème, la règle est simple :
- Attendez au moins 30 minutes après avoir consommé de la menthe (dentifrice, chewing-gum) ou du café avant de prendre vos granules.
- Attendez au moins 15 minutes après la prise avant de boire votre café ou de vous brosser les dents.
Si vous préférez ne prendre aucun risque, il existe des dentifrices sans menthe compatibles avec l’homéopathie (au citron, à l’anis…), disponibles en pharmacie.
Mythe n°2 : « Ne jamais toucher les granules avec les doigts »
Voilà une autre règle qu’on entend partout. Et pour le coup, elle était vraie… avant. Aujourd’hui, la situation a changé. On vous explique la différence entre la pratique d’hier et celle d’aujourd’hui.
Autrefois, la fabrication des granules se faisait par imprégnation externe. Le principe actif était déposé uniquement sur la surface du granule. Le fait de toucher les granules avec les doigts pouvait donc « enlever » une partie du médicament et réduire son effet. La règle était donc justifiée.
Mais les techniques ont évolué. La méthode moderne utilise une pulvérisation dans une « tulipe rotative », qui assure une imprégnation en profondeur, au cœur même du granule. Le principe actif n’est plus seulement en surface. Toucher un granule avec les doigts ne présente donc plus aucun risque de diminuer son efficacité.
Alors pourquoi cette idée reçue persiste ? Principalement pour des raisons d’hygiène. On ne sait jamais ce qu’on a sur les mains. Le plus simple et le plus propre reste d’utiliser le bouchon-doseur du tube et de verser les granules directement sous la langue, sans contact.
Comment bien choisir sa dilution (CH) ? Le guide pratique
Le choix de la dilution, indiquée par le chiffre suivi de « CH » sur le tube, est un point essentiel pour l’efficacité d’un traitement homéopathique. Ce n’est pas un choix au hasard : chaque hauteur de dilution correspond à un type de symptôme bien précis. On vous aide à y voir plus clair.
Les basses dilutions (4 ou 5 CH)
On utilise les basses dilutions pour des symptômes très localisés, physiques et ponctuels. C’est l’homéopathie de « l’ici et maintenant », pour un problème bien identifié sur une zone précise du corps. C’est souvent ce qu’on recommande en automédication pour les petits bobos du quotidien.
Exemples concrets :
- Arnica montana 5 CH après un coup pour éviter un bleu.
- Apis mellifica 5 CH pour soulager une piqûre d’insecte qui gonfle.
- Nux vomica 5 CH après un repas trop copieux.
Les moyennes dilutions (7 ou 9 CH)
Les dilutions moyennes s’adressent à des symptômes plus généraux, qui affectent l’ensemble de l’organisme, ou à des troubles comportementaux. On n’est plus sur un problème local, mais sur une réaction globale du corps.
Exemples concrets :
- Gelsemium 9 CH pour le trac ou le stress avant un examen.
- Oscillococcinum (qui est en 200K, une dilution différente mais agissant sur le général) pour un état grippal.
- Un remède en 7 ou 9 CH pour des courbatures ou une fièvre modérée.
Les hautes dilutions (15 ou 30 CH)
Les hautes dilutions sont réservées aux problèmes chroniques, anciens, qui reviennent souvent. Elles agissent plus en profondeur sur le « terrain » de la personne et sont aussi utilisées pour des troubles liés à la sphère psychologique (angoisses, troubles du sommeil profonds…). Leur prescription demande généralement l’avis d’un médecin homéopathe.
Exemples concrets :
- Un traitement de fond pour de l’eczéma chronique.
- Des crises d’asthme qui se répètent.
- Des troubles émotionnels installés depuis longtemps.
| Type de dilution | Pour quel type de symptôme ? | Exemples concrets |
|---|---|---|
| Basses (4-5 CH) | Local, physique, aigu | Bleus, piqûres, indigestion |
| Moyennes (7-9 CH) | Général, fonctionnel, comportemental | Stress, état grippal, fièvre |
| Hautes (15-30 CH) | Chronique, ancien, récidivant, psychologique | Eczéma, asthme, angoisses |
D’où viennent les remèdes homéopathiques ?
Beaucoup de gens pensent que l’homéopathie est une médecine « par les plantes ». C’est en partie vrai, mais c’est bien plus large que ça. En réalité, les souches utilisées pour fabriquer les médicaments homéopathiques proviennent de trois grandes sources, les trois « règnes » de la nature.
- Le règne végétal : C’est la source la plus importante, représentant près de 60% de tous les remèdes. Les plantes sont généralement utilisées fraîches et entières, récoltées dans leur milieu naturel. On y trouve des classiques comme l’Arnica montana (arnica des montagnes) ou la Belladonna.
- Le règne minéral : Cette catégorie comprend des corps simples, des acides, ou des sels issus de minerais. On peut citer par exemple Aurum metallicum (l’or) ou Cuprum metallicum (le cuivre).
- Le règne animal : On utilise ici soit l’animal entier (comme pour l’Apis mellifica, l’abeille), soit des parties ou des sécrétions. On y trouve aussi des remèdes comme Formica rufa (la fourmi rouge) ou le venin de serpent.
Cette diversité de sources permet à la médecine homéopathique de disposer d’un très grand nombre de remèdes pour répondre à une multitude de symptômes.
Autres questions fréquentes sur l’homéopathie
Pour finir, on répond à quelques questions qu’on nous pose souvent et qui peuvent prêter à confusion.
Granules ou doses (globules) : quelle différence ?
La différence ne vient pas du produit, mais de l’utilisation. Les granules (dans le tube classique) sont faits pour des prises répétées sur plusieurs heures ou plusieurs jours, dans le cadre d’un traitement aigu ou de fond. La dose (le petit tube contenant des micro-granules appelés globules) est une prise unique. On l’utilise pour donner une impulsion forte et ponctuelle à l’organisme, un « effet flash », par exemple juste après un choc ou au début d’une maladie.
L’homéopathie agit-elle lentement ?
Encore une idée reçue. L’efficacité et la vitesse d’action dépendent du problème. Pour un symptôme aigu (un coup, une crise d’angoisse, le début d’un rhume), l’effet peut être très rapide, parfois en quelques minutes ou heures. Pour un trouble chronique installé depuis des années (eczéma, rhumatisme), le traitement agit sur le terrain en profondeur, et il faudra logiquement plus de temps (plusieurs semaines ou mois) pour voir une amélioration durable.
Qui peut prescrire de l’homéopathie ?
L’homéopathie est une pratique médicale. Elle peut être prescrite par de nombreux professionnels de santé formés :
- Les médecins généralistes ou spécialistes (pédiatres, gynécologues…).
- Les dentistes.
- Les sages-femmes (autorisées depuis 2011).
- Les pharmaciens peuvent également vous conseiller, notamment pour l’automédication des troubles courants.
Pour un traitement de fond ou un problème complexe, on vous recommande toujours de consulter un médecin homéopathe pour avoir un diagnostic précis et un traitement personnalisé.




