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Un cancer détecté tôt, c’est un cancer qui se soigne mieux. C’est aussi simple que ça. Et pourtant, des milliers de femmes en France passent à côté des examens de dépistage auxquels elles ont droit, souvent gratuitement.
Le dépistage des cancers féminins concerne trois localisations principales : le sein, le col de l’utérus et le côlon. Chacun a ses propres examens, ses propres âges clés, ses propres rythmes. Voici ce qu’il faut savoir, concrètement.
Pourquoi se faire dépister, même sans symptômes ?
Se faire dépister d’un cancer, même quand on est en bonne santé, peut permettre de le diagnostiquer tôt, de détecter des lésions précancéreuses et de mieux soigner la maladie voire d’éviter son apparition. C’est exactement le principe du dépistage organisé : agir avant que le cancer ne se développe, quand les chances de guérison sont les plus élevées.
Pour le cancer du sein, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Se faire dépister n’empêche pas d’avoir un cancer du sein mais assure de le détecter plus tôt, avant l’apparition de symptômes. Cette détection précoce permet de soigner plus facilement le cancer et d’augmenter ses chances de guérison, mais aussi de limiter les séquelles liées à certains traitements.
Le dépistage organisé des cancers féminins est l’affaire de toute une vie, depuis l’entrée dans la vie sexuelle jusqu’à 75 ans au moins. Ce n’est pas un rendez-vous ponctuel : c’est un suivi régulier, à adapter selon l’âge.En France, trois programmes nationaux de dépistage organisé sont mis en oeuvre pour les cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus. Ces dépistages sont pris en charge par l’Assurance Maladie, sans avance de frais pour la plupart des examens. Pour tout savoir sur le dépistage des cancers féminins, Assurance Prévention propose un guide complet et accessible.
Le cancer du sein : le dépistage à partir de 50 ans
Le cancer du sein représente le cancer le plus fréquent chez la femme avec une estimation de 61 214 nouveaux cas en 2023. Environ 80 % des nouveaux cas de cancer du sein surviennent chez les femmes âgées de plus de 50 ans, avec un âge moyen de 64 ans au moment du diagnostic.
À qui s’adresse la mammographie de dépistage ?
Le dépistage organisé du cancer du sein s’adresse aux femmes de 50 à 74 ans. C’est la tranche d’âge où le risque est le plus élevé et où le programme national est actif.
Grâce à ce programme, toutes les femmes de 50 à 74 ans sont personnellement invitées par courrier, tous les deux ans, à bénéficier d’un examen de dépistage du cancer du sein, pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Neuf millions de femmes sont sollicitées tous les deux ans pour participer au programme national du dépistage organisé du cancer du sein.
En quoi consiste l’examen ?
L’examen comporte une mammographie (2 clichés par sein, face et oblique) et un examen clinique des seins. C’est rapide, et le résultat est double-vérifié : toute mammographie normale est ensuite systématiquement relue par un second radiologue expert. La seconde lecture de la mammographie permet de détecter environ 6 % des cancers dépistés.
Et si les images ne sont pas assez claires ? Dans certaines situations, une échographie des seins est nécessaire pour compléter la mammographie, par exemple lorsque la densité des seins ne permet pas d’interpréter correctement la mammographie.
Les femmes de moins de 50 ans mais présentant un risque élevé ou très élevé (antécédents personnels ou familiaux de cancer ou de maladie du sein, radiothérapie thoracique à haute dose, mutation génétique BRCA1 ou 2) sont également invitées à participer au dépistage organisé. Si vous êtes dans ce cas, parlez-en à votre médecin traitant.
D’ailleurs, même entre deux mammographies, la vigilance reste importante. Consultez au moins une fois par an votre médecin traitant, votre sage-femme ou votre gynécologue pour un examen clinique de vos seins.
Les signes à ne pas ignorer
Une grosseur, un écoulement de lait hors période d’allaitement ou de sang par le mamelon, une déformation du galbe du sein, la rétractation d’un mamelon, un sein dont la peau paraît fripée ou rétractée, sont autant de symptômes qui méritent un avis médical. De même si, au palper avec la main bien à plat, on ressent un ganglion dans l’aisselle ou une grosseur inhabituelle. Tous ces signes ne traduisent pas forcément un cancer du sein, mais encore faut-il s’en assurer.
Le cancer du col de l’utérus : le frottis dès 25 ans
Chaque année en France, le cancer du col de l’utérus touche près de 3 000 femmes et cause environ 1 100 décès. On considère que 90 % des cancers du col de l’utérus pourraient être évités grâce au dépistage. C’est là que ça devient vraiment concret : neuf cancers sur dix évitables. C’est considérable.
Les âges et les examens recommandés
Le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus concerne les femmes âgées de 25 à 65 ans. Mais les examens varient selon l’âge :
- Entre 25 et 29 ans : 2 premiers examens sont réalisés à 1 an d’intervalle, puis si les résultats sont normaux, un examen est réalisé 3 ans plus tard.
- À partir de 30 ans : il est recommandé d’effectuer un dépistage tous les 5 ans, jusqu’à 65 ans.
La nature de l’examen change aussi avec l’âge. Entre 30 et 65 ans, le dépistage repose sur une détection du virus HPV (test HPV-HR), lors d’un frottis du col de l’utérus, à réaliser tous les 5 ans. Pour les femmes plus jeunes, c’est un examen cytologique classique qui est pratiqué.
Qui peut réaliser le prélèvement ?
Bonne nouvelle : le choix est large. Toutes les femmes asymptomatiques âgées de 25 à 65 ans qui n’ont pas réalisé de frottis cervico-utérin dans les délais recommandés sont invitées à se rendre chez un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme pour effectuer cet examen.
Le cancer du col de l’utérus est évitable par un dépistage, la réalisation du test HPV-HR (frottis) ou grâce à la vaccination contre le papillomavirus. Les deux approches sont complémentaires.
Vaccinées ou pas contre le papillomavirus, les frottis de dépistage restent toujours d’actualité car le vaccin ne protège que contre 70 % des souches de virus impliquées dans la survenue de ce cancer. Depuis 2017, un nouveau vaccin protège contre 90 % des souches de virus responsables, mais le frottis reste néanmoins nécessaire.
Antécédents familiaux ? Une démarche spécifique existe
En cas d’antécédents familiaux de cancers du sein et de l’ovaire, une femme peut bénéficier d’un dépistage des gènes BRCA1 et BRCA2 (les gènes responsables de certains cancers féminins). Si elle en est porteuse, des mesures de surveillance spécifiques sont mises en place.
Le cancer colorectal : un test à faire chez soi dès 50 ans
Moins connu que les deux précédents, le cancer colorectal n’en est pas moins sérieux. Le cancer colorectal est le 4e cancer le plus fréquent (tous sexes confondus) et se situe au 2e rang des décès par cancer avec plus de 47 000 nouveaux cas et plus de 17 000 décès par an.
Compte tenu de sa fréquence, de son développement lent, des décès qui lui sont imputables, et de l’existence d’un test simple et fiable, le cancer colorectal est un candidat idéal au dépistage organisé.
Le test immunologique : simple, rapide, à domicile
Le dépistage s’adresse aux femmes et aux hommes âgés de 50 à 74 ans. Il est recommandé de réaliser un examen tous les 2 ans. C’est la raison pour laquelle les personnes concernées reçoivent, à cette fréquence, un courrier postal les invitant à se procurer un kit de dépistage gratuitement. Une fois le kit récupéré, le test immunologique de dépistage doit être réalisé à domicile.
Concrètement, à quoi sert ce test ? Ce test vise à déceler la présence de sang dans les selles, qui peut être causée par des lésions bénignes, précancéreuses ou cancéreuses. Le test immunologique consiste à rechercher du sang sur des fragments de selles. Ce test, simple et rapide, est à faire chez soi. Il permet de prélever de manière très hygiénique un échantillon de selles grâce à une tige à replacer dans un tube hermétique.
Et si le résultat est positif ?
Un résultat positif ne signifie pas forcément un cancer. Si le résultat à ce test est positif (environ 4,5 % des cas), cela ne signifie pas obligatoirement qu’il s’agit d’un cancer. Une coloscopie est alors nécessaire pour détecter d’éventuelles lésions du côlon ou du rectum et les traiter le cas échéant.
Ce dépistage ne nécessite aucune avance de frais. Le kit est récupérable gratuitement en pharmacie ou chez son médecin traitant.
Comment recevoir ses invitations au dépistage ?
Une invitation à se faire dépister est adressée par l’Assurance Maladie pour que les femmes concernées puissent réaliser ces examens aux âges recommandés. Depuis 2024, le système a été simplifié.
Depuis le 1er janvier 2024, les personnes concernées par le dépistage organisé sont invitées par l’Assurance Maladie. Si vous disposez d’un compte ameli, les invitations et les relances vous sont désormais adressées au sein de votre espace personnel du site.
- Cancer du sein : invitation tous les 2 ans entre 50 et 74 ans
- Cancer du col de l’utérus : dépistage entre 25 et 65 ans, selon un calendrier progressif
- Cancer colorectal : kit envoyé tous les 2 ans entre 50 et 74 ans
Si vous n’avez pas reçu d’invitation et que vous êtes dans les tranches d’âge concernées, votre médecin traitant peut vous orienter directement.
Le tableau récapitulatif des dépistages féminins
Pour y voir plus clair d’un seul coup d’oeil, voici les trois dépistages organisés, leurs examens et leurs âges clés :
- Cancer du sein : mammographie tous les 2 ans, entre 50 et 74 ans, prise en charge à 100 %
- Cancer du col de l’utérus : frottis ou test HPV entre 25 et 65 ans, selon un calendrier progressif
- Cancer colorectal : test immunologique tous les 2 ans entre 50 et 74 ans, sans avance de frais
On diagnostique de plus en plus de cancers, mais on sauve aussi de plus en plus de vies, grâce aux progrès réalisés en cancérologie, mais aussi grâce au dépistage qui permet un diagnostic précoce. Ce diagnostic précoce permet une meilleure efficacité des traitements et une augmentation du nombre de guérisons.
La clé, c’est de ne pas attendre. Pas d’attendre un symptôme, pas d’attendre que ce soit « le bon moment ». Le diagnostic précoce des cancers optimise la prise en charge et améliore son efficacité, notamment grâce à des traitements moins lourds pour de meilleures chances de guérison. Si vous avez des doutes sur vos droits ou vos prochains rendez-vous, consultez votre médecin traitant ou votre compte ameli.




