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Le périnée travaille en continu. Il supporte les organes du bas-ventre, gère la continence, participe à la sexualité. Et pourtant, la plupart des femmes n’en prennent conscience qu’au moment où quelque chose ne va plus.
Fuites urinaires après un accouchement, pesanteur pelvienne à la ménopause, douleurs lors des rapports : ces troubles sont plus courants qu’on ne le pense, et ils ne sont pas une fatalité. La rééducation du périnée est une réponse concrète, accessible et efficace pour reprendre le contrôle de cette zone trop souvent ignorée.
Ce que fait vraiment le périnée
Le périnée, aussi appelé plancher pelvien, c’est un ensemble de muscles et de tissus disposés en « hamac » entre le pubis et le coccyx. Pas très glamour comme description, mais son rôle est fondamental.
Il assure trois fonctions principales :
- Le soutien des organes pelviens : vessie, utérus, rectum
- Le contrôle des sphincters, responsables de la continence urinaire et fécale
- La participation à la fonction sexuelle et aux sensations intimes
Ces muscles travaillent presque sans relâche. Chaque fois que vous toussez, riez, portez un sac ou restez debout, le plancher pelvien s’active pour amortir la pression abdominale.
Quand le périnée s’affaiblit
Certaines périodes de la vie mettent le périnée à rude épreuve. La grossesse exerce une pression constante sur cette zone pendant plusieurs mois. L’accouchement, qu’il soit vaginal ou par césarienne, en demande beaucoup. La ménopause, elle, provoque des changements hormonaux qui favorisent un relâchement progressif des muscles et des ligaments.
Le résultat peut être varié : fuites urinaires à l’effort, envies pressantes, sensation de pesanteur dans le bas-ventre, douleurs pelviennes, diminution des sensations intimes. Ce ne sont pas des problèmes « normaux » à accepter. Ce sont des signaux qui méritent attention.
Quand consulter pour une rééducation du périnée
La question revient souvent : « Est-ce vraiment nécessaire dans mon cas ? » La réponse est simple : si vous avez l’un des signes ci-dessous, oui.
- Pertes d’urine lors d’un effort physique, d’un éternuement ou d’un fou rire
- Envies très soudaines et difficiles à retenir
- Sensation de pression ou de lourdeur dans le bas du ventre
- Douleurs pelviennes chroniques
- Douleurs ou gêne lors des rapports sexuels
- Récupération post-partum (accouchement vaginal ou par césarienne)
- Ménopause, avec apparition de troubles urinaires ou intimes
D’ailleurs, consulter tôt est souvent bien plus efficace qu’attendre que les symptômes s’aggravent. Une prise en charge précoce permet d’éviter que les troubles ne s’installent dans la durée.
Le moment idéal après un accouchement
Pour les nouvelles mamans, le début de la rééducation intervient généralement entre six et huit semaines après l’accouchement. Cette période laisse au corps le temps d’amorcer sa récupération naturelle. Mais chaque situation est différente : c’est le professionnel de santé qui évaluera le bon moment en fonction de votre état.
Comment se déroule la rééducation du périnée à Lausanne
Pour une rééducation du périnée à Lausanne bien structurée, la prise en charge se fait en plusieurs étapes progressives, adaptées à chaque patiente.
Le premier rendez-vous : comprendre avant d’agir
Le premier rendez-vous est avant tout un temps d’échange. Il permet d’établir un bilan clinique complet pour mieux cerner la problématique. Des conseils personnalisés et quelques exercices simples sont déjà proposés dès cette première séance.
Le deuxième rendez-vous est consacré à l’examen clinique, qui permet de personnaliser la prise en charge et de choisir la méthode de rééducation la plus adaptée. Les séances suivantes s’ajustent ensuite en fonction de l’évolution de la patiente.
Les techniques utilisées
Trois grandes approches coexistent dans la rééducation périnéale moderne :
- La rééducation manuelle : elle permet d’évaluer l’activité musculaire périnéale et de favoriser la prise de conscience. C’est souvent le point de départ.
- Le biofeedback musculaire : grâce à une sonde endovaginale, la patiente peut visualiser sur un écran ses propres contractions périnéales. C’est particulièrement utile pour celles qui ont du mal à isoler ces muscles.
- L’électrostimulation : cette technique envoie de légères impulsions électriques via une sonde, provoquant des contractions musculaires réflexes. Elle est précieuse quand la commande volontaire est insuffisante ou absente.
Ces deux dernières techniques ne s’opposent pas. Elles se complètent. Le biofeedback travaille la conscience et le contrôle actif du muscle. L’électrostimulation « réveille » les fibres musculaires et restaure une activité là où elle fait défaut. Les associer au cours du suivi optimise les résultats.
Périnée et ménopause : un sujet trop souvent passé sous silence
À la ménopause, les choses se compliquent. Les modifications hormonales accélèrent le vieillissement des muscles et des ligaments du plancher pelvien. Le résultat ? Un risque plus élevé de troubles urinaires, de descente d’organes (prolapsus), et de gênes sexuelles.
Ce n’est pas une fatalité liée à l’âge. La rééducation périnéale reste pertinente et efficace à cette période de la vie. Des exercices réguliers permettent d’entretenir la tonicité du périnée et de retarder, voire d’éviter, l’apparition de ces troubles.
Prolapsus : en parler sans tabou
Le prolapsus, souvent appelé « descente d’organe », survient quand les muscles ou les ligaments du plancher pelvien se relâchent au point de ne plus maintenir correctement les organes en place. Accouchements difficiles, ménopause, efforts physiques répétés : plusieurs facteurs peuvent y contribuer.
La rééducation périnéale fait partie des approches de première intention pour prendre en charge et stabiliser un prolapsus léger à modéré, avant d’envisager d’autres solutions. Consulter dès les premiers symptômes, c’est se donner plus de latitude dans le choix des options thérapeutiques.
Douleurs pelviennes : quand le périnée est trop tendu
On parle souvent de périnée trop faible. Mais un périnée peut aussi être trop tendu. Des contractures chroniques, des spasmes, des douleurs lors des rapports sexuels : ces troubles répondent à une rééducation différente, axée sur le relâchement plutôt que le renforcement.
C’est là que l’expertise du thérapeute prend toute son importance. Comprendre si le plancher pelvien est hypotonique (trop mou) ou hypertonique (trop contracté) conditionne entièrement le choix des techniques. Ce diagnostic s’établit lors de l’examen clinique initial.
Les questions fréquentes sur la rééducation périnéale
Ces questions reviennent régulièrement en consultation. Voici les réponses aux doutes les plus courants pour aborder la rééducation périnéale en toute sérénité.
Faut-il obligatoirement une ordonnance ?
En Suisse, oui. Une prescription médicale est nécessaire pour débuter des séances de physiothérapie et bénéficier d’une prise en charge par la LAMal. Votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme peuvent vous l’établir.
Les techniques intravaginales sont-elles obligatoires ?
Non. Il est possible de travailler sur la rééducation périnéale sans recours aux techniques internes, même si celles-ci permettent une prise en charge plus complète. Si vous n’êtes pas à l’aise avec cette idée, dites-le à votre thérapeute. Une approche adaptée sera mise en place.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Cela dépend entièrement de votre situation de départ, de vos objectifs et de votre évolution. Le nombre de séances est défini au fil du suivi, en ajustant en permanence en fonction des progrès observés. En général, une séance de physiothérapie dure environ 30 minutes.
Peut-on continuer des exercices entre les séances ?
Oui, et c’est même fortement recommandé. Les professionnels encouragent leurs patientes à poursuivre un programme d’exercices à domicile entre les séances. C’est ce travail régulier qui ancre les progrès dans le temps et consolide les résultats obtenus en cabinet.




