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Vous ressentez des douleurs intenses à l’épaule qui vous handicapent dans votre travail quotidien ? Votre médecin vient de diagnostiquer une tendinopathie calcifiante du supra épineux et vous vous demandez si cette pathologie peut être reconnue comme maladie professionnelle ?
Bonne nouvelle : cette affection peut effectivement être prise en charge sous certaines conditions bien précises.
Dans cet article, vous allez découvrir tout ce qu’il faut savoir sur la reconnaissance de cette pathologie, les démarches à entreprendre et vos droits en matière d’indemnisation. Prêt à faire valoir vos droits ? C’est parti !
Qu’est-ce que la tendinopathie calcifiante du supra épineux ?
La tendinopathie calcifiante du supra épineux correspond à la formation de dépôts calcaires dans le tendon du muscle supra-épineux, l’un des quatre muscles de la coiffe des rotateurs de l’épaule.
Cette pathologie se manifeste par des douleurs aiguës souvent nocturnes, une perte de mobilité et une limitation importante des mouvements d’élévation du bras. L’intensité des symptômes peut varier selon la taille et la localisation des calcifications.
Le diagnostic se confirme grâce à plusieurs examens d’imagerie :
- Radiographie : révèle les dépôts calcaires
- Échographie : précise la localisation et la taille des calcifications
- IRM : évalue l’état du tendon et des structures environnantes
Cette affection touche particulièrement les travailleurs exposés aux gestes répétitifs et aux postures contraignantes de l’épaule, notamment dans certains secteurs d’activité comme le BTP, l’industrie ou les services.
Reconnaissance en maladie professionnelle : les critères du tableau 57
La tendinopathie calcifiante du supra épineux peut être reconnue comme maladie professionnelle selon le tableau n°57 du régime général de la Sécurité sociale.
Conditions d’exposition professionnelle
Pour obtenir cette reconnaissance, votre activité professionnelle doit répondre à des critères d’exposition précis :
| Type de mouvement | Durée d’exposition requise |
|---|---|
| Abduction de l’épaule ≥ 60° | ≥ 2 heures par jour cumulées |
| Abduction de l’épaule ≥ 90° | ≥ 1 heure par jour cumulée |
Délais de prise en charge selon la gravité
Le tableau 57 distingue trois catégories avec des délais différents :
- Tendinopathie aiguë non rompue : délai de 30 jours
- Tendinopathie chronique non rompue : délai de 6 mois (sous conditions d’exposition)
- Rupture partielle ou transfixiante : délai d’1 an
Ces délais correspondent à la période maximale entre la cessation d’exposition au risque et la première constatation médicale de la maladie.
Professions particulièrement exposées
Certains métiers présentent un risque accru de développer cette pathologie :
- Ouvriers du bâtiment (peinture, plâtrerie, électricité)
- Mécaniciens et soudeurs
- Personnel de nettoyage
- Coiffeurs
- Professionnels de la santé (kinésithérapeutes, infirmiers)
Démarches pratiques pour la déclaration
Documents indispensables
Pour déclarer votre tendinopathie calcifiante comme maladie professionnelle, vous devez rassembler plusieurs pièces justificatives :
- Formulaire S6100 (déclaration de maladie professionnelle)
- Certificat médical initial décrivant la pathologie
- Examens d’imagerie (radiographies, échographies, IRM)
- Attestation de l’employeur détaillant les conditions de travail
- Fiche de poste ou description précise des tâches effectuées
Plus votre dossier sera documenté et précis, meilleures seront vos chances d’obtenir la reconnaissance.
Procédure administrative
Vous disposez de 2 ans maximum pour déposer votre demande auprès de la CPAM, à compter de la cessation d’activité ou du certificat médical initial.
La CPAM dispose ensuite de 4 mois pour instruire votre dossier. Si elle ne peut prendre de décision dans ce délai, elle peut saisir le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP).
Que faire en cas de refus ?
Si votre demande est rejetée, plusieurs recours sont possibles :
- Recours amiable auprès de la CPAM dans les 2 mois
- Saisine du tribunal judiciaire compétent
- Accompagnement par un avocat spécialisé en droit social
Dans certains cas, même si tous les critères du tableau 57 ne sont pas remplis, le CRRMP peut reconnaître la maladie professionnelle s’il établit un lien direct et essentiel entre votre activité professionnelle et la pathologie.
Indemnisation et conséquences
En cas de reconnaissance, vous bénéficiez de plusieurs avantages :
- Prise en charge à 100% des frais médicaux
- Indemnités journalières majorées pendant l’arrêt de travail
- Rente d’incapacité si des séquelles persistent
- Possibilité d’aménagement ou de reclassement professionnel
Le taux d’incapacité est évalué par le médecin-conseil de la CPAM, en tenant compte des limitations fonctionnelles et de l’impact sur votre capacité de travail.
Questions fréquentes
Est-ce que la tendinopathie calcifiante peut être reconnue par la MDPH ?
Oui, si votre tendinopathie calcifiante entraîne des limitations durables dans votre vie quotidienne et professionnelle, vous pouvez déposer un dossier auprès de la MDPH. Cette reconnaissance peut vous ouvrir droit à différentes prestations comme l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ou la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). La MDPH évaluera votre situation en tenant compte de l’impact global de votre pathologie sur votre autonomie.
Quelles sont les mesures de prévention que doit mettre en place l’employeur ?
L’employeur a l’obligation légale de protéger la santé de ses salariés. Pour prévenir les tendinopathies de l’épaule, il doit évaluer les risques liés aux postures contraignantes et aux gestes répétitifs, aménager les postes de travail (réglage en hauteur, outils adaptés), organiser des pauses régulières, former le personnel aux bonnes pratiques gestuelles et assurer une surveillance médicale renforcée pour les postes à risque. Le comité social et économique (CSE) peut également jouer un rôle dans cette démarche de prévention.




